Etudes sur l'exposition résidentielle
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par le Dr. Maurits De Ridder
USE OF ELECTRIC BLANKETS AND ASSOCIATION WITH PREVALENCE OF ENDOMETRIAL CANCER.
[Utilisation de couvertures électriques et association avec la prévalence de cancer endométrial.]
Abel EL, Hendrix SL, McNeeley GS, O'Leary ES, Mossavar-Rahmani Y, Johnson
SR, Kruger M.
Eur J Cancer Prev. 2007; 16 : 243-250.
L’objectif de cette étude était d’évaluer la relation entre l’utilisation des couvertures chauffantes électriques et la prévalence du cancer endométrial chez les femmes. Les informations sur les femmes incluses dans le « Women's Health Initiative Observational Data Set » (n=93 676) comprennent des facteurs associés au cancer endométrial tels que âge le plus vieux au moment du dépistage, âge le plus jeune des dernières règles, lieu de résidence (prévalence plus grande dans le sud), niveau d’éducation inférieur à haute école, faible revenu, indice de masse corporel supérieur à 25 kg/m², faible égalité, utilisation d’oestrogènes non compensés, jamais d’utilisation combinée d’oestrogènes et de progestérone, antécédents d’alcoolisme, pourcentage plus élevé de calories journalières provenant des graisses, utilisation d’une couverture électrique.
Après identification univariée des facteurs significativement en relation avec le cancer endométrial, une analyse de régression logistique par degrés a été réalisée pour ces facteurs avec p< 0.001 dans l’analyse univariée. Une prévalence plusélevée (15%) de cancer endométrial est observée chez les femmes utilisant une couverture électrique par rapport à celles n’ayant jamais utilisé ces couvertures (odds ratio=1.15, intervalle de confiance à 95%: 1.03-1.27). Après contrôle pour des variables significativement associées au cancer endométrial, l’utilisation de couverture chauffante pendant 20 ans ou plus est associée à une prévalence plus importante de cancer endométrial (36% - odds ratio=1.36, intervalle de confiance à 95%: 1.16-1.59). Bien que les auteurs n’aient pas été en mesure de déterminer la durée d’utilisation des couvertures électriques avant le diagnostic de cancer endométrial, ils ont mis en évidence que les femmes utilisant des couvertures électriques depuis 20 ans ou plus avaient une prévalence statistiquement plus élevée. ![]()
THE RELATIONSHIP BETWEEN RESIDENTIAL PROXIMITY TO EXTREMELY LOW FREQUENCY POWER TRANSMISSION LINES AND ADVERSE BIRTH OUTCOMES.
[Relation entre la proximité résidentielle des lignes de transport de l'électricité et les conséquences négatives sur les naissances.]
Auger N, Joseph D, Goneau M, Daniel M.
J Epidemiol Community Health. 2011; 65: 83-85.
L'exposition professionnelle aux champs électromagnétiques a été liée à des conséquences négatives sur les naissances. Cette étude évalue si la résidence des mères à proximité des lignes de transport est associée à ces problèmes.
Les naissances de bébés vivants dans les municipalités de Montréal et de Québec entre 1990 et 2004 ont été recensées à partie du fichier québecois des naissances (n= 707 215). Vivre à proximité d'une ligne de transport est défini comme vivre à une distance inférieure à 400m. Des équations d'estimation généralisées ont été utilisées pour évaluer les associations entre la proximité résidentielle des lignes et la naissance avant-terme (NAT), un faible poids à la naissance (FPN), une petite taille à la naissance (PTN) et le sexe de l'enfant, en tenant compte de l'âge de la mère, de l'éducation, du statut marital, de l'ethnie, de la parité, de la période de naissance et des revenus moyens des ménages avoisinants.
Les auteurs n'ont pas observé d'association entre la résidence à proximité de lignes de transmission et NAT, FPN et le sexe de l'enfant dans des modèles ajustés et non ajustés. Une probabilité plus faible de PTN a été calculée pour certaines catégories de distance (par exemple, OR ajusté 0.88, 95% IC 0.81 - 0.95 pour les mères habitant à une distance comprise entre 50 et 75 m par rapport à celles vivant à plus de 400 m).
Conclusion: La proximité résidentielle des lignes de transport n'est pas associée à des conséquences négatives à la naissance. ![]()
STILLBIRTH AND RESIDENTIAL PROXIMITY TO EXTREMELY LOW FREQUENCY POWER TRANSMISSION LINES: A RETROSPECTIVE COHORT STUDY.
[Mortinatalité et résidence à proximité des lignes de transport de fréquences extrêmement basses : une étude rétrospective de cohorte.]
Auger N, Park AL, Yacouba S, Goneau M, Zayed J.
Occup Environ Med. 2012; 69:147-149.
Les auteurs ont évalué les associations entre la résidence à proximité de lignes de transport d’extrêmement basses fréquences et la mortinatalité selon l'âge gestationnel.
Les résultats sont basés sur les données de naissance unique (n=514 826) et d’enfants mort-nés (n=2033) entre 1998 et 2007 dans la région de Québec, Canada. A partir d’une carte des lignes de transport de l’électricité, les distances entre les lignes et les habitations ont été calculées (<25, 25-49.9, 50-74.9, 75-99.9, ≥100 m). Des équations ont pris en compte les caractéristiques des individus et de leur région dans le calcul des ORs et des IC 95% entre la distance et la mortinatalité. La mortinatalité des prématurés précoces (< 28 semaines), des prématurés (28 à 36 semaines) et la mortinatalité à terme (>= 37 semaines) ont été analysées.
Il n’y avait pas d’association entre la distance et la mortinatalité en pré-terme. Les odds de la mortinatalité à terme pour des distances < 25m était plus élevés que ceux des distances >= 100m (OR 2.25, IC 95% 1.14 - 4.45), mais sans « schéma »dose-réponse apparent.
Conclusion: Pas de relation dose-réponse entre la distance et les odds de mortinatalité, mais une probabilité de mortinatalité à terme plus élevée dans les maisons situées à moins de 25m des lignes de transport. La proximité des lignes par rapport aux habitations n’est probablement pas associée à la mortinatalité, mais d’autres recherches sont nécessaires afin d’exclure un lien possible. ![]()
OCCUPATIONAL AND RESIDENTIAL EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS AND RISK OF BRAIN TUMORS IN ADULTS: A CASE-CONTROL STUDY IN GIRONDE, FRANCE.
[Exposition professionnelle et résidentielle aux champs électromagnétiques et risque de tumeurs cérébrales chez les adultes: une étude cas-témoins en Gironde, France]
Baldi I, Coureau G, Jaffré A, Gruber A, Ducamp S, Provost D, Lebailly P, Vital A, Loiseau H, Salamon R.
Int J Cancer. 2011; 129: 1477-1484.
L'étiologie des tumeurs du cerveau reste largement méconnue. Parmi les facteurs de risque potentiels, l'exposition aux champs électromagnétiques est suspectée. Les auteurs ont analysé la relation entre l'exposition résidentielle et professionnelle aux champs électromagnétiques et les tumeurs cérébrales chez les adultes. Une étude cas-témoins a été menée dans le sud-ouest de la France entre mai 1999 et avril 2001. Cette étude inclut 221 patients présentant une tumeur du système nerveux central (105 gliomes, 67 méningiomes, 33 neurinomes et 16 autres) et 442 témoins individuellement appariés selon l'âge et le sexe, et sélectionnés parmi la population générale. L'exposition aux champs électromagnétiques [d'extrêmement basse fréquence (EBF) et radiofréquences] a été évaluée en milieu professionnel à l'aide d'une évaluation par expert basée sur le planning complet de travail, et à la maison en évaluant la distance par rapport aux lignes électriques à l'aide d'un système d'information géographique. Des facteurs de confusion tels que l'éducation, l'utilisation de pesticides à domicile, la résidence dans une zone rurale et l'exposition professionnelle aux produits chimiques ont été pris en compte. Des analyses distinctes ont été réalisées pour les gliomes, les méningiomes et les neurinomes de l'acoustique. Une augmentation non significative du risque a été trouvée pour l'exposition professionnelle aux champs électromagnétiques [odds ratio (OR = 1,52, 0,92 à 2,51)]. Cette augmentation est devenue significative pour les méningiomes, surtout lorsque l'on considère séparément les EBF [OR = 3,02; intervalle de confiance 95 % (95% CI) = 1.10 à 8.25]. Le risque de méningiome était également plus élevé chez les sujets vivant au voisinage des lignes à haute tension (<100 m), même si la différence n'était pas significative (OR = 2,99, IC 95% 0.86 à 10.40).
Conclusion: Ces données suggèrent que l'exposition professionnelle et résidentielle aux EBF pourrait jouer un rôle dans le développement des méningiomes.
NON-SPECIFIC PHYSICAL SYMPTOMS IN RELATION TO ACTUAL AND PERCEIVED PROXIMITY TO MOBILE PHONE BASE STATIONS AND POWERLINES.
[Symptômes physiques non spécifiques liés à la proximité réelle et perçue des stations de base et des lignes électriques à haute tension.]
Baliatsas C, van Kamp I, Kelfkens G, Schipper M, Bolte J, Yzermans J, Lebret E.
BMC Public Health 2011;11:421.
Les indications d'une éventuelle relation de causalité entre des symptômes physiques non spécifiques (SPNS) et l'exposition aux champs électromagnétiques (CEM) émis par des sources telles que les stations de base (SB) et les lignes électriques à haute tension sont insuffisantes. Jusqu'ici peu de recherches épidémiologiques ont été publiées sur le rôle de composantes psychologiques dans la survenue de SPNS liés aux CEM. Le premier objectif de l'étude est d'explorer l'importance relative de la proximité réelle et perçue des stations de base et des lignes électriques haute tension et de traits psychologiques comme déterminants des SPNS, avec ajustement selon des données démographiques, le lieu de résidence et la région.
L'analyse a été réalisée sur des données d'étude transversale sur l'environnement et la santé aux Pays-Bas (2006). Dans cette étude, 3611 adultes (taux de réponse: 37%) de 22 zones résidentielles néerlandaises ont rempli un questionnaire. Les instruments d'auto évaluation incluaient une liste de symptômes et l'évaluation des caractéristiques environnementales et psychologiques. Le calcul de la distance entre l'habitation et l'emplacement des stations de base et des lignes électriques a été réalisé par géo-localisation. Des modèles de régression multiniveaux ont été utilisés pour tester les hypothèses des déterminants liés à la survenue de SPNS.
Après ajustement selon les caractéristiques démographiques et résidentielles, les analyses ont montré un certain nombre d'associations statistiquement significatives: un report plus élevé de symptômes était essentiellement prédit par des niveaux plus élevés de sensibilité environnementale auto-rapportée ; la proximité perçue des stations de base et des lignes électriques, un faible contrôle perçu et un comportement d'évitement accru (coping) ont également été associés à SPNS. Une tendance vers un effet modérateur de la sensibilité environnementale perçue sur la relation entre la proximité perçue aux SB et SPNS a été vérifiée (p = 0,055). Il n'y avait pas d'association significative entre le report de symptômes et la distance réelle des SB ou des lignes électriques.
Conclusions: La proximité perçue des SB, les composantes psychologiques et socio-démographiques sont associées au report de symptômes. La distance réelle de la source de CEM ne semble pas en relation avec SPNS. ![]()
ELECTROMAGNETIC FIELDS PRODUCED BY INCUBATORS INFLUENCE HEART RATE VARIABILITY IN NEWBORNS.
[Les champs électromagnétiques produits par des couveuses influencent la variabilité de la fréquence cardiaque des nouveaux-nés.]
Bellieni CV, Acampa M, Maffei M, Maffei S, Perrone S, Pinto I, Stacchini N, Buonocore G.
Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. 2008 ;93: F298-301.
Les couveuses sont largement utilisées pour protéger les bébés nés avant terme et malades des facteurs de stress post natals, mais leurs moteurs produisent des champs électromagnétiques (CEM) élevés. Les nouveaux-nés sont chroniquement exposés à ces CEM, mais aucune étude de leurs effets sur le fragile développement néonatal n'existe. L'objectif de cette étude était de vérifier si l'exposition au moteur électrique de la couveuse était susceptible de modifier l'activité du système nerveux autonome des nouveaux-nés.
La variabilité de la fréquence cardiaque (HRV : heart rate variability) de 43 nouveaux-nés placés en couveuse a été étudiée. Le groupe comprenait 27 nouveaux-nés dont la HRV a été étudiée lors de 3 périodes de 5 minutes : couveuse « on », « off », puis de nouveau « on ». Les valeurs moyennes de HRV obtenues lors de chacune des périodes ont été comparées. Le groupe témoin comprenait 16 nouveaux-nés dont les CEM n'étaient pas enregistrables et exposés à des changements dans le bruit de fond, similaire à celui provoqué par le moteur de la couveuse.
La puissance totale de la moyenne (SD) et la composante haute-fréquence (HF) de la HRV augmentaient significativement (de 87.1 (76.2) ms2 à 183.6 (168.5) ms2) et le ratio moyen basse fréquence (BF)/HF diminuait significativement (de 2.0 (0.5) à 1.5 (0.6)) quand le moteur de la couveuse était éteint. Les valeurs de base (HF = 107.1 (118.1) ms2 et LF/HF = 1.9 (0.6)) étaient restaurées lorsque les couveuses étaient à nouveau allumées. Le composant spectral BF de la HRV indique un changement statistiquement significatif seulement dans la deuxième phase de l'expérience. Les modifications du bruit de fond n'ont entraîné aucun changement significatif de la HRV.
Conclusions: les CEM produits par les couveuses influencent la HRV des nouveaux-nés, montrant une influence sur leur système nerveux autonome. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d'évaluer les conséquences possibles à long terme, étant donné que les nouveaux-nés prématurés peuvent être exposés à ces CEM élevés pendant des mois. ![]()
RESIDENTIAL MAGNETIC FIELDS, MEDICATION USE, AND THE RISK OF BREAST CANCER.
[Champs magnétiques résidentiels, prise de médicaments et risque de cancer du sein].
Davis S, Mirick DK.
Epidemiology. 2007; 18 : 266-269.
L’exposition aux champs magnétiques 60 Hz pourrait augmenter le risque de cancer du sein en inhibant la production nocturne de mélatonine. L’utilisation de médicaments associés à des niveaux réduits de mélatonine pourrait modifier cette
relation. Les auteurs ont recontacté les participants d’une étude cas-témoin menée sur une population générale. Cette étude était centrée sur l’exposition au champ magnétique résidentiel et le risque de cancer du sein. Les participants ont été
interrogés sur leur prise de médicaments au cours des 10 années précédant le diagnostic. Les cas ont été diagnostiqués entre novembre 1992 et mars 1995, et les niveaux de champs magnétiques ont été mesurés dans les habitations au moment du diagnostic. Les informations sur la prise de médicaments ont été obtenues par l’interview de 558 cas et 588 témoins. Le risque de cancer du sein n’était pas associé à l’exposition résidentielle aux champs magnétiques, quelle que
soit la prise de médicaments.
Conclusion: ces résultats supportent les précédents selon lesquels l’exposition au champ magnétique n’augmente pas le risque de cancer du sein. ![]()
BLOOD LABORATORY FINDINGS IN PATIENTS SUFFERING FROM SELF-PERCEIVED ELECTROMAGNETIC HYPERSENSITIVITY (EHS).
[Analyses sanguines de patients déclarant être hypersensibles aux champs électromagnétiques .]
Dahmen N , Ghezel-Ahmadi D , Engel A .
Bioelectromagnetics. 2009;30(4):299-306.
Les personnes électrosensibles (EHS) attribuent une variété de symptômes plutôt non spécifiques à leur exposition aux champs électromagnétiques. La pathophysiologie de l'EHS est inconnue et sa thérapie reste un défi. Les auteurs ont émis l'hypothèse que certaines personnes électrosensibles souffraient de troubles somatiques communs. Afin de vérifier cette hypothèse, ils ont analysé des paramètres cliniques, incluant l'hormone thyréotrope (TSH), l'alanine transaminase (ALT), l'aspartate transaminase (AST), la créatinine, l'hémoglobine, l'hématocrite et la protéine C réactive (CRP) chez des personnes souffrant d'EHS et chez des contrôles qui sont habituellement utilisés en médecine clinique pour identifier ou dépister des troubles somatiques. 132 patients (42 hommes et 90 femmes) et 101 contrôles (34 hommes et 67 femmes) ont été recrutés. Les résultats ont permis d'identifier des signes de dysfonctionnement thyroïdien, du foie et des processus inflammatoires chroniques chez une petite, mais remarquable, fraction de personnes souffrant d'EHS, qui pourraient être à l'origine des symptômes et qui méritent des investigations plus approfondies dans des études ultérieures. Au niveau TSH et ALT/AST, les auteurs ont observé des différences significatives entre les cas et les contrôles. Les hypothèses d'une anémie ou d'un dysfonctionnement des reins qui joueraient un rôle majeur dans l'EHS pourraient être réfutées sans ambiguïté.
Conclusion: Cliniquement, il est recommandé de vérifier les signes d'un état somatique traitable dans la prise en charge des personnes se déclarant électrosensibles. ![]()
EXPOSURE TO ELECTRICAL CONTACT CURRENTS AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Exposition aux courants de contact électriques et risque de leucémie infantile.]
Does M, Scélo G, Metayer C, Selvin S, Kavet R, Buffler P.
Radiat Res. 2011;175: 390-396.
Les objectifs de cette étude étaient d'examiner l'association entre l'exposition aux courants de contact et le risque de leucémie infantile et d'analyser la relation entre les courants de contacts résidentiels et les champs magnétiques. Les tensions de contact intérieures et extérieures et les mesures de champs magnétiques ont été collectés afin de mener un diagnostic des habitations de 245 malades et 269 contrôles recrutés via le Northern California Childhood Leukemia Study (2000-2007). Des techniques de régression logistique ont permis d'obtenir des Odd ratio ajustés selon l'âge, le sexe, l'ethnie hispanique, la race des mamans et les revenus du ménage. Aucune association statistiquement significative n'a été observée entre la leucémie infantile et les niveaux intérieurs de tension de contact [exposition =90e percentile (10,5 mV): OR = 0.83, 95% intervalle de confiance (IC): 0.45, 1.54], niveaux extérieurs de tension de contact [exposition =90e percentile (291,2 mV): OR = 0.89, 95% IC 0.48, 1.63], ou niveaux intérieurs de champs magnétiques (>0.20 µT: OR = 0.76, 95% IC: 0.30, 1.93). Les tensions de contact étaient faiblement corrélées avec le champ magnétique ; les coefficients de corrélation était r= 0.10 (p = 0.02) pour les tensions intérieures de contact et r= 0.15 (p= 0.001) pour les tensions extérieures de contact.
Dans cette étude de la population californienne, il n'existe aucune indication d'une association entre la leucémie infantile et l'exposition aux courants de contact ou champs magnétiques et une faible corrélation entre les mesures de courants de contact et les champs magnétiques. ![]()
MORBIDITY EXPERIENCE IN POPULATIONS RESIDENTIALLY EXPOSED TO 50 HZ MAGNETIC FIELDS: METHODOLOGY AND PRELIMINARY FINDINGS OF A COHORT STUDY.
[Etude de la morbidité dans des populations résidentiellement exposées aux champs magnétiques 50 Hz: méthodologie et résultats préliminaires d'une étude de cohorte.]
Fazzo L , Tancioni V , Polichetti A , Iavarone I , Vanacore N , Papini P , Farchi S , Bruno C , Pasetto R , Borgia P , Comba P.
Int J Occup Environ Health. 2009;15(2):133-142.
L'étude de morbidité de la population d'un quartier de Rome partiellement construit sous une ligne de distribution d'électricité de 60 kV, incluait 345 personnes ayant résidé dans la zone étudiée entre 1954 et 2003 (à n'importe quelle période), en excluant les personnes décédées avant 1998. Les champs magnétiques résidentiels ont été estimés en se basant sur la charge de courant, les caractéristiques de la ligne et la distance entre les habitations et la ligne à haute tension, et la zone étudiée a été divisée en sous-zones selon les niveaux de champ magnétique. Des ratios standardisés de morbidité ont été enregistrés à partir des données des hôpitaux (données collectées entre 1998 et 2003).
Des augmentations statistiquement non significatives ont été observées pour tous les cancers et les cancers primaires ; les cancers primaires étaient significativement augmentés chez les personnes ayant résidé plus de 30 ans et chez les personnes dont l'exposition a commencé il y a plus de 30 ans . Une augmentation significative de tous les cancers, primaires et secondaires (métastases), et deux fois plus de maladies ischémiques, ont été observées chez les sujets de la sous-zone présentant la plus forte exposition. Aucune augmentation n'a été observée dans les maladies néoplasiques hématologiques. ![]()
MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND PROGNOSTIC FACTORS IN CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Exposition aux champs magnétiques et les facteurs prognostiques dans la leucémie infantile].
Foliart DE, Mezei G, Iriye R, Silva JM, Ebi KL, Kheifets L, Link MP, Kavet R, Pollock BH.
Bioelectromagnetics. 2007; 28 : 69-71.
Les auteurs ont examiné l’association entre l’exposition au champ magnétique (CM) et la présence de facteurs pronostiques de risque parmi 482 enfants atteints de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) entre 1996 et 2001. Des mesures individuelles de champs magnétiques sur 24h ont été obtenues pour 412 enfants ; 386 enfants ont été inclus dans les analyses. Les auteurs n’ont pas observé de tendance entre une exposition élevée au champ magnétique et la présence de facteurs cliniques négatifs et pronostiques de tumeurs spécifiques.
Conclusion : Les résultats suggèrent que l’exposition au champ magnétique n’est pas associée à la présence d’anomalies cytogénétiques défavorables dans les cellules blastiques de la leucémie ou à des facteurs cliniques au moment d’un diagnostic qui prédit peu de chance de survie. ![]()
MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND LONG-TERM SURVIVAL AMONG CHILDREN WITH LEUKAEMIA.
[Exposition au champ magnétique et survie à long terme parmi les enfants atteints de leucémie.]
Foliart D.E., Pollock B.H., Mezei G., Iriye R., Silva J.M, Ebi KL, Kheifets L, Link MP, Kavet R.
Br J Cancer 2006; 94 : 161-164.
Les auteurs ont analysé l’association entre l’exposition au champ magnétique (CM) et la survie parmi des enfants atteints de leucémie lymphoblastique aïgue (ALL) traités dans 51 centres du Pediatric Oncology Group entre 1996 et 2001. Des 1672 enfants potentiellement éligibles, sous traitement, 482 (29%) ont participé et des mesures individuelles sur 24h de CM ont été obtenues pour 412 participants. Un total de 386 enfants avec ALL et 366 avec ALL (B precursor) ont été inclus dans l’analyse de survie sans événement (durée entre le diagnostic et le premier échec de traitement, la rechute, une malignité secondaire ou le décès) et la survie en général. Après ajustement pour les groupes à risque et le statut socio économique, le ratio des chances de survie sans événement (HR) pour des enfants exposés à des intensités supérieures ou égales à 0.3 microT était de 1.9 (95% intervalle de confiance (CI) 0.8, 4.9), en comparaison à ceux exposés à moins de 0.1 microT. Pour la survie, des HR plus élevés ont été obtenus pour des enfants exposés à des intensités supérieures ou égales à 0.3 microT (HR multivarié= 4.5, intervalle de confiance à 95% 1.5-13.8) mais ce résultat est basé sur seulement 4 décès parmi 19 enfants.
Conclusion: Alors que le risque est augmenté parmi les enfants exposés à des intensités supérieures à 0.3 microT, le faible nombre de cas limite l’interprétation de ces résultats. ![]()
TRANSMISSION LINES, EMF AND POPULATION MIXING.
[Lignes de transport, CEM et brassage des populations].
Jeffers D.
Radiat Prot Dosimetry. 2006, Nov 15 Epub.
Draper et al. ont trouvé que l’incidence de la leucémie infantile était un peu augmentée chez des enfants vivant entre 200 et 600 m de lignes à haute tension de transport de l’électricité. Cette augmentation ne peut être expliquée par l’exposition aux CEM et il est suggéré qu’elle pourrait résulter du brassage des populations dans les ensembles immobiliers qui se construisent aux alentours des lignes.
Conclusion: Le brassage des populations pourrait expliquer la légère augmentation du risque de leucémie des enfants habitant entre 200 et 600 m des lignes de transport. ![]()
ASSOCIATION BETWEEN CHILDHOOD LEUKAEMIA AND EXPOSURE TO POWER-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS IN MIDDLE EUROPE.
[Association entre la leucémie infantile et l’exposition aux champs magnétiques à la fréquence du réseau en Europe centrale.]
Jirik V, Pekarek L, Janout V, Tomaskova H.
Biomed Environ Sci. 2012; 25:597-601.
En comparaison aux pays occidentaux plus développés, les niveaux d’exposition aux CM-EBF sont plus élevés en République tchèque. Dans cette étude, les auteurs avaient comme objectif d’analyser l’association entre l’exposition aux CM-EBF et la leucémie infantile en République tchèque.
Ils ont mené une étude cas-témoins appariés. Les cas (enfants avec leucémie) ont été appariés selon l’âge, le sexe et le lieu de résidence. Cette méthodologie permet de limiter les biais potentiels et les facteurs de confusion, mais limite également le nombre de participants.
Les analyses appariées ont inclus 79 paires cas-témoins. Aucune association significative n’a été observée entre l’exposition aux CM-EBF et la leucémie infantile pour des expositions supérieures à 0.2 μT (odds ratio [OR]=0.93, Intervalle de confiance [IC]=0.45-1.93), 0.3 μT (OR=0.77, IC=0.34-1.75), ou 0.4 μT (OR=0.9, IC=0.37-2.22).
Conclusion: Malgré des niveaux d’exposition supérieurs en Europe centrale et de l’Est, aucune indication d’une association entre l’exposition aux CM-EBF et la leucémie infantile n’a été montrée. C’est en contradiction avec les études précédemment menées dans différents pays. ![]()
CHILDHOOD LEUKEMIA AND MAGNETIC FIELDS IN JAPAN: A CASE-CONTROL STUDY OF CHILDHOOD LEUKEMIA AND RESIDENTIAL POWER-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS IN JAPAN.
[Leucémie infantile et champs magnétiques au Japon: Une étude cas-témoin de la leucémie infantile et des champs magnétiques à la fréquence du réseau au Japon.]
Kabuto M., Nitta H., Yamamoto S., Yamaguchi N., Akiba S., Honda Y., Hagihara J., Isaka K., Saito T., Ojima T., Nakamura Y., Mizoue T., Ito S., Eboshida A., Yamazaki S., Sokejima S., Kurokawa Y., Kubo O.
Int J Cancer 2006 [Epub ahead of print]
Les champs magnétiques résidentiels à la fréquence du réseau (CM) ont été classés comme carcinogène possible pour l’homme par le groupe de travail du Centre Internationale de Recherche sur le Cancer (CIRC ou IRAC en anglais). En réponse aux inquiétudes du public, l’Organisation Mondiale de la Santé préconise que des recherches soient réalisées dans des régions présentant de forts niveaux d’exposition, comme au Japon. Les auteurs ont mené une étude cas-témoin sur la population générale, qui inclut des régions habitées par 54% des enfants japonais. Ils ont analysé 312 enfants de 0 à 15 ans dont on a diagnostiqué entre 1999 et 2001 (2.3 ans) une leucémie lymphoblastique aigue (ALL) ou une leucémie myéloïde aigue (AML) entre 1999 et 2001 et 603 enfants contrôles présentant des caractéristiques similaires en terme de genre, d’âge et de localisation résidentielle. Les niveaux moyens hebdomadaires de CM ont été déterminés dans la chambre des enfants. Les mesures de CM dans les groupes cas et témoins ont été réalisées à la même période afin de tenir compte des variations saisonnières. L’association a été évaluée sur base de modèles de régression logistique conditionnels. Les odd ratio pour les enfants ayant des niveaux de CM égaux ou supérieurs à 0.4 microT comparés à ceux de la catégorie de référence (CM plus petit que 0.1 microT) étaient de 2.6 (95% CI = 0.76- 8.6) pour AML + ALL et 4.7 (1.15-19.0) pour ALL seul.
Les résultats n’ont pas été beaucoup modifiés par la prise en compte de quelques facteurs de confusion possibles. Même une analyse dans laquelle les biais de sélection étaient maximisés n’a pas permis de totalement expliquer l’association. La
plupart des cas de leucémie dans la catégorie d’exposition la plus élevée était exposée à des niveaux bien plus importants que 0.4 microT.
Conclusion: Ces résultats apportent des indications supplémentaires à l'hypothèse selon laquelle l’exposition à des intensités élevées de CM est associée à un risque accru de leucémie infantile, particulièrement d’ALL. ![]()
CHILDHOOD LEUKEMIA, ELECTRIC AND MAGNETIC FIELDS, AND TEMPORAL TRENDS.
[Leucémie infantile, champs électriques et magnétiques, et tendances temporelles.]
Kheifets L., Swanson J., Greenland S.
Bioelectromagnetics. 2006; 27 : 545-552.
Ces 25 dernières années, les préoccupations concernant les effets possibles sur la santé des champs électriques et magnétiques (CEM) de fréquence extrêmement basse ont augmenté, particulièrement en relation avec la leucémie infantile. La comparaison des changements de consommation d’électricité (un substitut utilisé pour quantifier l’exposition) et des taux de leucémie infantile, nommée corrélation écologique, a été utilisée dans le but d’argumenter pour et contre l’association entre les champs magnétiques et la leucémie infantile. Dans ce papier, les auteurs analysent ce qui peut être appris d’une telle approche écologique. Ils examinent d’abord séparément les indications sur les tendances d’exposition aux CEM et sur les tendances de taux de leucémie, puis les comparent. Les taux d’incidence de leucémie et les expositions ont tous deux augmenté, mais faire le lien entre ces deux tendances impliquent tellement d’approximations et d’hypothèses qu’on ne peut considérer les indications écologiques comme fournissant des indications significatives pour ou
contre un lien de cause à effet. ![]()
CHILDHOOD CANCER AND MAGNETIC FIELDS FROM HIGH-VOLTAGE POWER LINES IN ENGLAND AND WALES: A CASE-CONTROL STUDY .
[Cancer infantile et champs magnétiques des lignes à haute tension en Angleterre et au Pays de Galles: une étude cas – témoins.]
Kroll ME, Swanson J, Vincent TJ, Draper GJ.
Br J Cancer. 2010; 103(7): 931-2.
Les résultats des études épidémiologiques suggèrent qu'une exposition chronique aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses est associée à une augmentation du risque de leucémie infantile ; il n'est pas certain que la relation soit causale.
Les auteurs rapportent une étude cas-témoins nationale mettant en relation le risque de cancer infantile avec le champ magnétique moyen de lignes à haute tension au lieu de résidence de l'enfant à la naissance et pendant l'année de naissance, estimé à partir des enregistrements du National Grid. A partir du registre national des tumeurs infantiles (the National Registry of Childhood Tumours), ils ont obtenu les enregistrements de 28 968 enfants nés en Angleterre et au Pays de Galles entre 1962 et 1995 et diagnostiqués avant l'âge de 15 ans. Les contrôles ont été sélectionnés à partir des registres de naissance, appariés individuellement selon le sexe, la période de naissance, et le district d'enregistrement des naissances. Aucune participation des cas et des contrôles n'étaient requises.
Le risque relatif estimé pour chaque augmentation du champ magnétique de 0.2 µT était de 1.14 (95% intervalle de confiance 0.57-2.32) pour la leucémie, 0.80 (0.43-1.51) pour les tumeurs du SNC et du cerveau et 1.34 (0.84-2.15) pour les autres cancers.
Conclusion: Bien que non statistiquement significatifs, les estimations de leucémie infantile rejoignent les résultats d'études comparables. En estimant la causalité de la relation, le risque estimé est de moins de un cas par an. Il est peu probable que l'exposition au champ magnétique pendant l'année de naissance soit la seule cause d'une association avec la proximité des lignes à haute tension. ![]()
MATERNAL EXPOSURE TO MAGNETIC FIELDS DURING PREGNANCY IN RELATION TO THE RISK OF ASTHMA IN OFFSPRING.
[Exposition maternelle aux champs magnétiques durant la grossesse en relation avec le risque d'asthme chez les enfants.]
Li DK, Chen H, Odouli R.
Arch Pediatr Adolesc Med. 2011; 165: 945-950.
L'objectif de cette étude est de déterminer si l'exposition maternelle à de hauts niveaux de champs magnétiques (CM) pendant la grossesse est associée à un risque d'asthme chez les enfants. Les participantes étaient membres de Pregnant Kaiser Permanente Northern California dans la région de San Francisco.
L'asthme a été cliniquement diagnostiqué chez 626 enfants qui ont été suivis pendant 13 ans. Toutes les participantes ont porté un enregistreur de champs magnétiques pendant leur grossesse.
Après ajustement pour les facteurs confondants potentiels, une relation dose-réponse linéaire statistiquement significative a été observée entre une augmentation de l'exposition médiane journalière au CM pendant la grossesse et un risque accru d'asthme chez les enfants: chaque augmentation de 1 mG pendant la grossesse était associée à une augmentation de 15% du taux d'asthme chez les enfants (rapport de risque ajusté [RRA], 1,15; intervalle de confiance à 95% [IC], 1.4 à 1.27). En utilisant des catégories de niveaux de CM, les résultats ont montré une relation dose-réponse semblable: par rapport aux enfants dont les mères avaient un niveau faible de CM (médiane sur 24 heures, = 0,3 mg) pendant la grossesse, les enfants dont les mères avaient un niveau élevé de CM (> 2,0 mg) ont présenté des troubles asthmatiques 3,5 fois plus souvent (RRA, 3,52, IC 95%, de 1,68 à 7,35), tandis que les enfants dont les mères avaient un niveau moyen de CM (> 0,3 à 2,0 mG) ont présenté une augmentation de 74% du taux de l'asthme (RRA, 1,74; IC à 95%, de 0,93 à 3,25). Une interaction synergique statistiquement significative a été observée entre l'effet des CM et des antécédents maternels d'asthme et l'ordre dans la fratrie (aîné).
Conclusion: Ces résultats apportent de nouvelles indications épidémiologiques d'un effet de CM élevés pendant la grossesse sur le risque d'asthme chez les enfants. ![]()
A PROSPECTIVE STUDY OF IN-UTERO EXPOSURE TO MAGNETIC FIELDS AND THE RISK OF CHILDHOOD OBESITY.
[Une étude prospective de l’exposition intra utéro aux champs magnétiques et le risque d’obésité infantile.]
Li DK, Ferber JR, Odouli R, Quesenberry CP Jr.
Sci Rep. 2012;2:540.
Les auteurs ont mené une étude prospective dans le but d’analyser si l’exposition intra utérine aux champs magnétiques (CM) augmentait le risque d’obésité infantile. Les femmes participantes ont porté un enregistreur de CM pendant leur grossesse et 733 de leurs enfants ont été suivi pendant 13 ans pour évaluer des paramètres de croissance avec 33 mesures du poids par enfant en moyenne. L’exposition prénatale à des niveaux élevés de champs magnétiques a été associée à un risque accru d’obésité (odds ratios = 1.65, intervalle de confiance à 95% 1.01-2.84). L’association a démontré une relation dose-réponse et était plus forte (> 2.3 fois plus de risque) parmi les enfants qui ont été suivis jusqu’à la fin de l’étude. L’association existait seulement pour l’obésité persistante, pas pour la transitoire. L’exposition maternelle à des champs magnétiques élevés pendant la grossesse pourrait être un nouveau facteur jusqu’ici inconnu qui contribuerait à l’épidémie mondiale d’obésité ou de surpoids chez les enfants. ![]()
SURVEY OF RESIDENTIAL EXTREMELY-LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELD EXPOSURE AMONG CHILDREN IN TAIWAN.
[Enquête sur l’exposition résidentielle des enfants aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses à Taiwan].
Li CY, Mezei G, Sung FC, Silva M, Chen PC, Lee PC, Chen LM.
Environment International 2007; 33 : 233-238.
Cette enquête a évalué l’exposition aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (CEM-EBF) dans des ménages comptant des enfants de moins de 7 ans à Taiwan. Pour sélectionner un échantillon représentatif, les auteurs ont
utilisé la technique de la probabilité proportionnelle à la taille de l’échantillon et celle de l’échantillonnage en grappe aléatoire simple pour sélectionner les districts étudiés dans chaque ville/province de Taiwan. Quarante districts ont été sélectionnés au total et tous les ménages comptant des enfants âgés de moins de 7 ans (n=4184) ont été visités et sollicités pour des mesures dans les maisons.
Quatre interviewers entraînés ont réalisé sur une période de 2 ans des mesures ponctuelles dans des pièces particulières de chacune des maisons sélectionnées. Les caractéristiques de l’habitation et la proximité d’équipements de puissance ont
également été relevées par questionnaires administrés à un parent ou une aide familiale. Des mesures de CEM-EBF ont été réalisées dans 2214 ménages (53% de taux de participation). En contrôlant pour le taux de participation, l’exposition globale pondérée aux CM a été estimée à 0,121 (écart-type = 0,185) microT (entre 0,010 et 3,304 microT). Les expositions moyennes étaient supérieures à 0,3 et 0,4 microT dans des proportions estimées respectivement à 7,3% (n=159) et 5,4% (n= 115) des ménages. Il existe un accord considérable entre l’exposition résidentielle moyenne globale et l’exposition mesurée dans les chambres des enfants. A partir d’un modèle de régression logistique multivariée, les auteurs ont noté que les habitations les plus anciennes, les constructions dédiées à un usage commercial et résidentiel et celles proches des équipements de puissance étaient plus susceptibles d’atteindre des niveaux moyens d’exposition supérieurs à 0.4 microT.
Conclusion: les résultats de cette enquête indiquent que l’exposition résidentielle aux CEM-EBF est susceptible d’être plus importante chez les enfants à Taiwan que chez leurs homologues européens et nord-américains. ![]()
ASSESSMENT OF NON-RESPONSE BIAS IN A SURVEY OF RESIDENTIAL MAGNETIC FIELD EXPOSURE IN TAIWAN.
[Evaluation du biais de non-réponse dans une enquête sur l’exposition aux champs magnétiques résidentiels à Taiwan.]
Li CY, Mezei G, Sung FC, Silva M, Lee PC, Chen PC, Chen LM.
Bioelectromagnetics. 2007; 28: 340-348.
Les auteurs ont évalué le biais potentiel lié à la non-réponse en obtenant des informations sur les champs magnétiques résidentiels de fréquence extrêmement basse (MF) à Taiwan. Tous les ménages avec des enfants de moins de 7 ans appartenant aux deux districts étudiés, un en zone urbaine, l’autre en zone rurale, ont été visités et sollicités pour des mesures sur site fin 2003. Le taux initial de réponse était de 32% (33/104 en district urbain) et de 60% (61/101 en district rural). A la même époque, un an plus tard, les auteurs ont menés une seconde enquête dans les ménages ayant décliné l’invitation aux premières mesures et ils ont eu l’occasion de faire des mesures dans 77 autres habitations (50 et 27 respectivement dans les districts urbain et rural). Les deux districts avaient principalement été sélectionnés sur base de la volonté des inspecteurs locaux de santé publique à participer à la première enquête et à informer les résidents de la seconde enquête. A l’exception des conditions météorologiques, les deux enquêtes atteignent des résultats similaires au niveau des caractéristiques des habitations et des équipements de puissance aux alentours. Le champ magnétique moyen dans les habitations en zone urbaine était de 0.121 et 0.140 micro-Tesla (μT) (p = 0.620) pour les deux enquêtes. Les chiffres correspondant en zone rurale étaient 0.119 et 0.115 μT (p = 0.802).
Conclusion: Bien que limitée dans sa portée, cette étude tend à indiquer que les étude de mesures du champ magnétique résidentiel risquent moins vraisemblablement de souffrir d’un biais sérieux de sélection, si l’échantillon est limité à un petit district où les personnes présentent des caractéristiques socioéconomiques similaires. ![]()
EXTREMELY-LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELD EXPOSURE OF CHILDREN AT SCHOOLS NEAR HIGH VOLTAGE TRANSMISSION LINES.
[Exposition aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse d’enfants fréquentant des écoles situées près de lignes de transport à haute tension].
Li CY, Sung FC, Chen FL, Lee PC, Silva M, Mezei G.
Science of the Total Environment 2007; 376 ) :151-159.
Beaucoup d’études épidémiologiques ont étudié l’exposition résidentielle des enfants aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (CM-EBF), mais l’exposition dans les écoles que les enfants fréquentent 8h chaque jour est rarement considérée. Entre mars et juin 2004, les auteurs ont mené une étude des champs dans la ville de Taipei et dans la province du Nord de Taiwan pour examiner le pattern d’exposition aux CM-EBF des enfants fréquentant des écoles situées à proximité de lignes de transport à haute tension (LHT). Cent et un enfants appartenant à 14 écoles situées à proximité de LHT (groupe exposé) et 123 enfants appartenant à 18 écoles situées à au moins 100m de LHT (groupe non exposé) ont été suivis individuellement pour mesurer leur exposition sur 24h. Les salles de classe sélectionnées et les aires de jeu dans les régions tampons (dans les 30 m de LHT) et en dehors des régions tampons ont également été évaluées, à l’aide de mesures ponctuelles, afin de déterminer dans quelle mesure les LHT pourraient contribuer à l’exposition environnementale sur les campus.
Les résultats montrent que les deux groupes ne diffèrent pas significativement au niveau de l’exposition moyenne et de la proportion d’exposition supérieure à 0.4 μT sur 24h. Toutefois, les auteurs ont noté que 17.8% des enfants exposés avaient une exposition moyenne supérieure à 0.4 μT pendant les heures scolaires (p=0.011) significativement supérieure à celle des enfants non exposés (6.5%). Un pourcentage encore plus élevé (27.3%) a été relevé chez 11 étudiants ayant leur salle de classe à l’intersection des régions tampons. Les aires de jeu dans les régions tampons présentaient des CM EBF plus élevés que les autres aires des écoles exposées (0.7 versus 0.18 μT, p=0.043). L’étude démontre une large
variété d’expositions aux CM EBF des enfants dans les écoles à proximité des LHT. ![]()
RESIDENTIAL EXPOSURE TO ELECTRIC POWER TRANSMISSION LINES AND RISK OF LYMPHOPROLIFERATIVE AND MYELOPROLIFERATIVE DISORDERS: A CASE-CONTROL STUDY.
[Exposition résidentielle aux lignes de transport de l’électricité et risque de troubles lympho- et myéloprolifératif : une étude cas-témoin.]
Lowenthal RM, Tuck DM, Bray IC.
Intern Med J. 2007; 37: 614-619.
Des études ont montré une association entre les champs électromagnétiques et la leucémie infantile. L’objectif de cette étude était de déterminer s’il existe un risque accru de troubles lymphoprolifératifs (LPD) ou myéloprolifératifs (MPD) associé au fait d’habiter jusqu’à 300m de lignes à haute tension.
Une étude cas-témoin a été menée sur 854 patients âgés de 0 à 94 ans, diagnostiqués avec LPD ou MPD (incluant leucémie, lymphome et maladies apparentées), comprenant tous les cas diagnostiqués en Tasmanie entre 1972 et 1980. Les contrôles ont été individuellement appariés pour le sexe et l’âge approximatif au moment du diagnostic. En comparaison avec les personnes qui ont toujours vécu à plus de 300m d’une ligne à haute tension, ceux qui ont toujours vécu dans les 50m avaient un odd ratio (OR) de 2,06 (intervalle de confiance à 95% : 0,87-4,91) de développer LPD ou MPD (basé sur 768 paires cas-témoins adultes); ceux qui ont vécu entre 50 et 300m avaient un OR de 1,30 (0,88-1,91). Les adultes qui ont vécu dans les 300m d’une ligne à haute tension pendant les 15 premières années de vie avaient un risque triplé (OR 3,23; 1,26-8,29); ceux qui ont vécu dans les mêmes distances entre 0 et 5 ans avaient un risque quintuplé (OR 4,74; 0,98-22,9). Ces associations étaient plus fortes après répétition des analyses sur un groupe de 201 paires ayant toujours vécu en Tasmanie.
Conclusion: Bien que reconnaissant les limitations que présente cette étude, les résultats soulèvent l’éventualité d’un risque accru de développement ultérieur d’un MPD et LPD chez les personnes vivant de manière prolongée à proximité des lignes à haute tension, particulièrement dans les premières années de la vie. ![]()
MATERNAL EXPOSURE TO MAGNETIC FIELDS FROM HIGH-VOLTAGE POWER LINES AND THE RISK OF BIRTH DEFECTS.
[Exposition de la mère aux champs magnétiques des lignes à haute tension et risque de malformations congénitales.]
Malagoli C, Crespi CM, Rodolfi R, Signorelli C, Poli M, Zanichelli P, Fabbi S, Teggi S, Garavelli L, Astolfi G, Calzolari E, Lucenti C, Vinceti M.
Bioelectromagnetics. 2012; 33: 405-409.
Les auteurs ont mené une étude cas-témoins basée sur la population afin d’examiner le risque d’anomalies congénitales associées à l’exposition maternelle aux champs magnétiques (CM) des lignes à haute tension pendant la grossesse dans une communauté du nord de l’Italie. Ils ont identifié 228 cas de malformations congénitales diagnostiquées chez des enfants à la naissance, chez des enfants morts nés et lors d’avortements provoqués, parmi les femmes vivant dans la municipalité de Reggio Emilia entre 1998 et 2006. Le groupe de référence de nouveau-nés en bonne santé a été apparié selon l’année de naissance, l’âge de la mère et l’hôpital de naissance. Les auteurs ont identifié le lieu de résidence de la mère au début de la grossesse et ils ont utilisé un Système d’Information Géographique pour déterminer si les lieux de résidence étaient localisés dans les couloirs de lignes à haute tension présentant des CM > ou = à 0,1µT. Ils ont alors calculé le risque relatif (RR) d’anomalies congénitales associées à l’exposition maternelle. Une maman d’un enfant malformé et 5 mères contrôles ont été classées comme exposées et le RR associé à un CM > ou = à 0.1µT était de 0.2 (CI à 95% : 0.0-2.0) après ajustement pour le niveau d’éducation des mères.
Conclusion: Bien que des effets faibles ou modérés pourraient ne pas avoir été détectés en raison de la faible puissance statistique, les résultats de cette étude ne permettent globalement pas de supporter les effets majeurs de l’exposition aux CM en début de grossesse sur le risque tératogène.
ADULT MORTALITY FROM LEUKEMIA, BRAIN CANCER, AMYOTROPHIC LATERAL SCLEROSIS AND MAGNETIC FIELDS FROM POWER LINES: A CASE-CONTROL STUDY IN BRAZIL.
[Mortalité des adultes par leucémie, cancer du cerveau et sclérose amyotrophique latérale, et champs magnétiques des lignes à haute tension : une étude cas-témoins au Brésil]
Marcilio I, Gouveia N, Pereira Filho ML, Kheifets L.
Rev Bras Epidemiol. 2011;14: 580-588.
Des publications récentes ont relancé l’intérêt d’évaluer les risques sanitaires des personnes habitant à proximité des lignes à haute tension. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’association entre d’une part la distance entre le domicile et la ligne la plus proche et d’autre part le champ magnétique calculé des lignes, et la mortalité par leucémie, cancer du cerveau et sclérose amyotrophique latérale.
Les auteurs ont mené une analyse cas-témoins à partir des certificats de décès dans la région de Sao Paulo au Brésil. L’analyse a inclus 1857 cas de leucémie, 2357 de cancer du cerveau, 367 de sclérose amyotrophique latérale, et 4706 contrôles. Une augmentation du risque de mortalité par leucémie chez les adultes vivant à proximité des lignes par rapport à ceux vivant à plus de 400m a été relevée. Le risque était plus élevé pour les personnes vivant à moins de 50m des lignes (OR=1.47; IC 95% =0.99-2.18). De manière similaire, une petite augmentation de la mortalité par leucémie a été observée chez les adultes vivant dans les maisons où les champs magnétiques calculés étaient les plus élevés (OR=1.61; IC 95% =0.91-2.86 pour les adultes exposés à des champs d’induction magnétiques > 0.3µT). Aucune augmentation n’a été relevée pour les tumeurs cérébrales ou la sclérose amyotrophique latérale.
Conclusion: Ces résultats suggèrent un risque accru de leucémie chez les personnes vivant à proximité des lignes à haute tension, et chez les personnes vivant dans des maisons où le champ magnétique calculé est élevé, bien que le risque soit limité pour les lignes basses tensions. ![]()
INVESTIGATION OF THE SOURCES OF RESIDENTIAL POWER FREQUENCY MAGNETIC FIELD EXPOSURE IN THE UK CHILDHOOD CANCER STUDY.
[Investigation des sources d’exposition aux champs magnétiques résidentiels à la fréquence industrielle dans l’étude britannique sur les cancers infantiles].
Maslanyj MP, Mee TJ, Renew DC, Simpson J, Ansell P, Allen SG, Roman E.
J Radiol Prot. 2007; 27 : 41-58.
Il existe une association inexpliquée entre l’exposition aux champs magnétiques provenant de l’alimentation électrique et de l’utilisation de l’électricité et l’augmentation du risque de leucémie infantile. « The UK Childhood Cancer Study » (UKCCS) fournit une source d’information importante et unique sur l’exposition résidentielle au champ magnétique en Angleterre. L’objectif de cetteétude supplémentaire était d’analyser un échantillon d’habitation UKCCS afin d’identifier les sources particulières qui contribuent à une augmentation des valeurs moyennes d’exposition. En tout, 196 maisons ont été investiguées, 102 présentant des valeurs moyennes d’exposition supérieures à 0.2 microT (estimées sur base de
l’étude originale) et 21 des valeurs supérieures à 0.4 microT, un seuil au-dessus duquel un risque augmenté a été observé. Dans un premier temps, les enquêtes ont été menées en dehors des limites de propriété des 196 maisons et ensuite, lorsqu’un consentement éclairé avait été obtenu, des évaluations ont été menées à l’intérieur des propriétés de 19 maisons. Les résultats ont montré que les sources basse tension (BT) associées à l’alimentation électrique globale comptaient pour 77% des expositions supérieures à 0.2 microT et 57% pour celles supérieures à 0.4 microT. La plupart de ces expositions étaient liées aux courants de circulation circulant dans et/ou autour de la maison. Les sources haute tension (HT), incluant les lignes à haute tension aériennes qui sont au centre des préoccupations du public, comptent pour 23% des expositions supérieures à 0.2 microT et 43% de celles supérieures à 0.4 microT. L’attention en matière de santé publique s’est focalisée sur les mesures de précaution qui réduiraient l’exposition aux champs
magnétiques à la fréquence du réseau.
Conclusion: Cette étude fournit une base pour considérer les options d’atténuation de l’exposition en Angleterre. Par exemple, dans les habitations à exposition élevée où les courants de circulation sont plus élevés qu’habituellement, une diminution de ces courants (s’il est possible de les réduire) permettrait de réduire l’exposition dans une proportion importante de maisons. Des analyses additionnelles seront nécessaires afin d’en déterminer la faisabilité. ![]()
MAGNETIC FIELDS AND ACUTE LEUKEMIA IN CHILDREN WITH DOWN SYNDROME.
[Champs magnétiques et leucémie aigue chez des enfants présentant un syndrome de Down.]
Mejia-Arangure JM, Fajardo-Gutierrez A, Perez-Saldivar ML, Gorodezky C, Martinez-Avalos A, Romero-uzman L, Campo-Martinez MA, Flores-Lujano J, Salamanca-Gomez F, Velasquez-Perez L.
Epidemiology. 2007; 18 : 158-161.
Les auteurs ont analysé les effets de l’exposition aux champs magnétiques sur l’incidence de leucémie aigue chez des enfants atteints du syndrome de Down (qui ont un risque 20 fois plus important de leucémie). Ils ont réalisé une étude cas témoin incluant 42 enfants présentant à la fois une leucémie aigue et un syndrome de Down comme cas et 124 enfants en bonne santé avec un syndrome de Down comme témoins. Ils ont obtenu des informations démographiques sur les enfants et ont fait des mesures de champs magnétiques dans chaque habitation. L’odd ratio pour les mesures directes de champs magnétiques supérieurs ou égaux à 6 mG était de 3.7 (intervalle de confiance à 95 % = 1,05-13,1).
Conclusion: L’association entre les champs magnétiques et la leucémie chez les enfants présentant un syndrome de Down suggère la possibilité d’un rôle causal des champs magnétiques sur l’étiologie de la leucémie dans un sous-groupe d’enfants génétiquement susceptibles. ![]()
RESIDENTIAL MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND CHILDHOOD BRAIN CANCER: A META ANALYSIS.
[Exposition résidentielle aux champs magnétiques et cancer cérébral infantile : une méta-analyse].
Mezei G, Gadallah M, Kheifets L.
Epidemiology 2008; 19: 424-430.
Les auteurs ont réalisé une méta-analyse des études sur l'exposition aux champs magnétiques et les tumeurs cérébrales infantiles pour évaluer l'homogénéité des résultats, pour examiner les raisons de l'hétérogénéité et pour en estimer l'effet en conclusion. La comparaison des résultats des études sur le cancer cérébral infantile et la leucémie infantile peut également aider à évaluer les biais de sélection potentiels des études portant sur la leucémie infantile.
Ils ont inclus les résultats de 13 études. A partir de la méthode de pondération par l'inverse de la variance, les estimations des effets ont été calculées séparément pour la distance, les codes de câblage, et les champs magnétiques mesurés et calculés. Les analyses de sensibilité ont été menées pour évaluer l'influence des études individuelles, la potentialité des biais de sélection, et la possibilité de biais de publication. Avec l'exception des études sur les codes de câblage, les résultats étaient compatibles avec homogénéité à travers les études. Le résumé des odds ratios (intervalle de confiance à 95%) étaient de 0.88 (0.57-1.37) pour les distances de moins de 50 m et 1.14 (0.78-1.67) pour les champs magnétiques calculés et mesurés supérieurs à 0.2 microT. Pour les expositions mesurées ou calculées supérieures à 0.3 or 0.4 microT, l'odd ratio résultant était de 1.68 (0.83-3.43), sans différence selon la méthode d'évaluation de l'exposition. Aucune étude n'avait un effet convaincant sur les résumés des effets. Il n'y avait pas d'indication de biais de publication.
Conclusions : A l'exception des analyses portant sur des seuils élevés (0.3/0.4 microT), où la possibilité d'une augmentation modérée du risque ne peut être exclue, aucune augmentation du risque de cancer cérébrale infantile n'était manifeste pour aucune mesure d'exposition. ![]()
ASSESSMENT OF SELECTION BIAS IN THE CANADIAN CASE-CONTROL STUDY OF RESIDENTIAL MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Evaluation des biais de sélection dans une étude cas-témoin canadienne sur l'exposition résidentielle aux champs magnétiques et la leucémie indantile.]
Mezei G, Spinelli JJ, Wong P, Borugian M, McBride ML.
Am J Epidemiol. 2008; 167: 1504-1510.
Les auteurs ont évalué le rôle des biais de sélection dans une étude cas-témoin canadienne menée en 1999 portant sur l'exposition résidentielle aux champs magnétiques et la leucémie infantile. Ils ont inclus dans leurs analyses, les cas, les témoins participants et les témoins choisis en premier lieu et n'ayant finalement pas participé. L'exposition était évaluée par le code de câblage, un système de classification basé sur les caractéristiques des lignes de distribution à proximité des habitations. Bien qu'étant une mesure imparfaite de l'exposition aux champs magnétiques, le code de câblage est la seule méthode applicable pour les sujets non participants. Les témoins non participants choisis en premier lieu tendaient à être d'un statut socio-économique plus faible que leurs remplaçants (les témoins participants non choisis en premier lieu) et le statut socio-économique plus faible était en relation avec les catégories plus élevées de code de câblage. Les odds ratios de développement d'une leucémie infantile dans la catégorie la plus exposée était de 1.6 (intervalle de confiance à 95% : 1.0, 2.6) pour les témoins participants et 1.3 (intervalle de confiance à 95% : 0.8, 2.1) pour les témoins idéaux choisis en premier lieu, sans prendre en compte leur participation.
Conclusion: D'une manière globale, les auteurs concluent que, bien qu'il existe certaines indications de biais de sélection des contrôles et de participation dans l'étude canadienne, il est peu probable que ces biais expliquent totalement l'association observée entre l'exposition aux champs magnétiques et la leucémie infantile. Les problèmes inhérents à l'évaluation de l'exposition des sujets non participants limitent toutefois les interprétations de ces résultats et le rôle du biais de sélection ne peut entièrement être rejeté uniquement sur la seule base de ces résultats. ![]()
EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND SURVIVAL FROM CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: AN INTERNATIONAL FOLLOW-UP STUDY.
[Les champs magnétiques de fréquences extrêmement basses et la survie après leucémie lymphoblastique aigue infantile: une étude internationale de suivi.]
Schüz J, Grell K, Kinsey S, Linet MS, Link MP, Mezei G, Pollock BH, Roman E, Zhang Y, McBride ML, Johansen C, Spix C, Hagihara J, Saito AM, Simpson J, Robison LL, Dockerty JD, Feychting M, Kheifets L, Frederiksen K.
Blood Cancer J. 2012; 2:e98.
Une étude américaine a montré une moins bonne survie des enfants atteints de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) et exposés à des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses (CM-EBF) supérieurs à 0.3µT. Cette étude incluait toutefois peu d’enfants. Les données de 3073 enfants atteints d’ALL ont été regroupées à partir des études prospectives menées au Canada, au Danemark, en Allemagne, au Japon, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis afin d’analyser le risque de mort ou de rechute jusqu’à 10 ans après le diagnostic.
Après ajustement pour des facteurs pronostiques connus, les auteurs ont calculé les ratios de risque (RR) et les intervalles de confiance à 95% (IC) pour la survie globale et la survie sans événement dans des catégories d'exposition aux CM-EBF incrémentées de 0,1 μT. Les RR des catégories incrémentées de 0,1 μT étaient de 1,00 (IC, 0,93 à 1,07) pour l'analyse de la survie sans événement et de 1,04 (IC 0,97 à 1,11) pour la survie globale. La survie sans événement et la survie globale des enfants ALL exposés à > 0,3 μT n’étaient pas moins bonnes (respectivement, RR = 0,76, IC, 0,44 à 1,33 et RR = 0,96, IC, 0.49 à 1.89). Les RR varient peu selon le sous-type d’ALL.
Conclusion: L’exposition aux CM-EBF n’a pas d’impact sur la probabilité de survie ou le risque de rechute des enfants avec ALL. ![]()
NIGHTTIME EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS AND CHILDHOOD LEUKEMIA: AN EXTENDED POOLED ANALYSIS.
[Exposition durant la nuit aux champs électromagnétiques et leucémie infantile. Une analyse groupée étendue.]
Schüz J, Svendsen AL, Linet MS, McBride ML, Roman E, Feychting M, Kheifets L, Lightfoot T, Mezei G, Simpson J, Ahlbom A.
Am J Epidemiol. 2007; 166: 263-269.
Il existe une hypothèse selon laquelle des mesures de champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (CEM-EBF) dans les chambres à coucher pendant la nuit pourraient apporter une image plus précise de l’exposition et avoir une plus
grande pertinence au niveau biologique que les mesures précédemment utilisées sur 24 ou 48 h. Par conséquent, les auteurs ont mené une analyse groupée extensive des études cas-témoins sur l’exposition aux CEM-EBF et le risque de leucémie infantile pour examiner les expositions résidentielles nocturnes. Les données de quatre pays (le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis) ont été incluses dans l’analyse, comprenant 1842 enfants leucémiques (diagnostic entre 1988 et 1996) et 3099 contrôles. Les odds ratios d’exposition pendant la nuit aux CEM-EBF pour les groupes d’enfants exposés de 0.1 à < 0.2 microT (μT), de 0.2 à < 0.4 μT, et >= 0.4 μT comparés au groupe de moins de 0.1 μT étaient respectivement de 1.11 (intervalle de confiance à 95% (IC): 0.91-1.36), 1.37 (95% IC: 0.99-1.90), et 1.93 (95% IC: 1.11-3.35). Le fait que ces estimations étaient similaires à celles provenant des valeurs des moyennes géométriques sur 24/48 heures (odds ratios de respectivement 1.09, 1.20, et 1.98) indique que la variable « pendant la nuit » ne peut, à elle seule, rendre compte du résultat observé.
Conclusion: Ces résultats ne supportent pas l’hypothèse selon laquelle les mesures pendant le nuit sont plus appropriées ; donc, l’association observée entre les CEMEBF et la leucémie infantile n’a toujours pas d’explication plausible. ![]()
EXPOSURE TO MAGNETIC FIELDS AND SURVIVAL AFTER DIAGNOSIS OF CHILDHOOD LEUKEMIA: A GERMAN COHORT STUDY.
[Exposition aux champs magnétiques et survie après diagnostic d’une leucémie infantile: une étude de cohorte allemande.]
Svendsen AL, Weihkopf T, Kaatsch P, Schüz J.
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2007; 16 : 1167-1171.
Inspirés par une étude américaine récente montrant une survie plus faible des enfants présentant une leucémie lymphoblastique aigue (ALL) exposés à des champs magnétiques supérieures à 0.3 μT, les auteurs ont analysé la relation parmi une cohorte d’enfants allemands atteints de leucémie ayant participé précédemment à des études cas-témoins menées entre 1992 et 2001. Un total de 595 enfants ALL avec des mesures de champs magnétiques sur 24h sont inclus dans l’analyse avec un suivi médian de 9.5 ans. Ils ont calculé les ratios de risque (HR) en utilisant le modèle de régression à effet proportionnel de Cox pour la survie générale, ajusté selon l’âge au moment du diagnostic, l’année civile du diagnostic et le genre.
Des risques augmentés ont été trouvés pour des expositions entre 0.1 et 0.2 μT [HR, 2.6; intervalle de confiance à 95% (95% CI), 1.3-5.2]. Ces résultats sont basés sur 34 cas dont 9 décès, ainsi que pour des expositions supérieures à 0.2 μT (HR, 1.6; 95% CI, 0.6-4.4), basés sur 18 cas dont 4 décès. Après ajustement pour le groupe à risque de pronostic, le risque pour des expositions supérieures à 0.2 μT augmente pour atteindre un HR de 3.0 (95% CI, 0.9-9.8).
Conclusion: Cette étude est globalement en accord avec les études antérieures; toutefois, les auteurs rapportent un excès de risque à des niveaux de champ plus faibles que dans l’étude américaine. Dans l’ensemble, les éléments sont toujours obtenus à partir d’un petit nombre de cas et le mécanisme biologique qui expliquerait les résultats n’est pas connu. ![]()
LONG-TERM (UP TO 20 YEARS) EFFECTS OF 50-HZ MAGNETIC FIELD EXPOSURE ON BLOOD CHEMISTRY PARAMETERS IN HEALTHY MEN.
[Effets à long terme (jusque 20 ans) de l’exposition aux champs magnétiques 50Hz sur les paramètres sanguins d’hommes en bonne santé.]
Touitou Y, Djeridane Y, Lambrozo J, Camus F.
Clin Biochem. 2012; 45: 425-428.
Les auteurs ont analysé les profils nocturnes et les niveaux des paramètres sanguins suivants: électrolytes (sodium, potassium, chlorure, calcium, magnésium, phosphore), composés azotés non protéiques (acide urique, urée, créatinine) et glucose, de 15 hommes (38,0 ± 0,9 ans) exposés à un champ magnétique 50 Hz de façon chronique et quotidienne sur une période de 1-20 ans (lieu de travail et habitation), à la recherche de tout effet cumulatif de ces conditions chroniques d’exposition. La moyenne géométrique hebdomadaire des expositions individuelles s’étend de 0,1 à 2,6µT. Les résultats sont comparés à ceux obtenus dans un groupe contrôle : 15 hommes non exposés (expositions entre 0,004 et 0,092µT), d’âge similaire (39,4 ± 1,2 ans), avec le même niveau d’activité physique. Des échantillons sanguins ont été prélevés toutes les heures entre 20h et 8h.
Ce travail montre que les sujets quotidiennement exposés aux champs magnétiques sur une longue période (jusque 20 ans) présentent des modifications significatives dans les concentrations sériques de sodium, de chlorure, de phosphore et de glucose où un effet d’interaction champ-heure (variabilité due au rythme circadien) a été observé pour des expositions supérieures à 0,3µT.
Conclusion: Ces données suggèrent que l’exposition à long terme aux champs magnétiques 50Hz (exposition >0,3µT) d’hommes sains peut induire des modifications biologiques de certains paramètres sanguins, bien que la pertinence clinique de ces modifications nécessite des études ultérieures. ![]()
EXPOSURE TO MAGNETIC FIELDS AND CHILDHOOD ACUTE LYMPHOCYTIC LEUKEMIA IN SÃO PAULO, BRAZIL.
[Exposition aux champs magnétiques et leucémie lymphocytique infantile à Sao Paulo, Brésil.]
Wünsch-Filho V, Pelissari DM, Barbieri FE, Sant'Anna L, de Oliveira CT, de Mata JF, Tone LG, Lee ML, de Andréa ML, Bruniera P, Epelman S, Filho VO, Kheifets L.
Cancer Epidemiol. 2011; 35: 534-539.
Les études épidémiologiques ont identifié des risques accrus de leucémie chez les enfants habitant à proximité de lignes à haute tension et exposés à des niveaux relativement élevés de champs magnétiques. Les résultats ont été remarquablement cohérents, mais il n'y a toujours pas d'explication de cette augmentation. Dans cette étude, nous évaluons l'effet des champs magnétiques 60Hz sur la leucémie lymphocytique aigue (ALL) dans l'état de Sao Paulo, Brésil.
Cette étude cas-témoins regroupe 162 enfants malades recrutés dans 8 hôpitaux, entre janvier 2003 et février 2009. Les contrôles (n=565) appariés selon le sexe, l'âge et le lieu de naissance ont été sélectionnés dans le registre des naissances de Sao Paulo. L'exposition aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses (CM-EBF) est basée sur des mesures à l'intérieur des maisons avec évaluation de la distance par rapport aux lignes.
Pour les mesures sur 24h dans les chambres des enfants, les résultats ne montrent pas une augmentation du risque d'ALL (odds ratio [OR] 1.09; intervalle de confiance à 95% [95% IC] 0.33-3.61) dans les chambres présentant des niveaux de CM-EBF égaux ou supérieurs à 0.3µT en comparaison à des niveaux inférieurs à 0.1µT. En considérant uniquement les mesures pendant la nuit, un risque était relevé (OR 1.52; 95% CI 0.46-5.01). Les enfants vivant en deçà de 200m des lignes présentaient un risque accru d'ALL (OR 1.67; 95% IC 0.49-5.75), en comparaison aux enfants vivant à 600m et plus. Pour ceux vivant dans les 50m des lignes, l'OR était de 3.57 (95% CI 0.41-31.44).
Conclusion: Même si ces résultats sont cohérents avec les risques faibles rapportés par d'autres études sur les CM-EBF et la leucémie infantile, globalement, ces résultats ne confirment pas l'association entre les champs magnétiques et la leucémie infantile, mais des petits nombres et des biais probables affaiblissent la robustesse de cette conclusion. ![]()
ASSOCIATION BETWEEN HIGH VOLTAGE OVERHEAD TRANSMISSION LINES AND MENTAL HEALTH: A CROSS-SECTIONAL STUDY.
[Association entre les lignes aériennes à haute tension et la santé mentale : une étude transversale]
Yamazaki S., Sokejima S., Mizoue T., Eboshida A., Kabuto M., Yamaguchi N., Akiba S., Fukuhara S., Nitta H.
Bioelectromagnetics. 2006; 27 : 473-478.
Les auteurs ont analysé l’association entre la proximité résidentielle à des lignes aériennes à haute tension (60 Hz, 22 à 500 kV) (LHT) et la santé mentale (MH). 223 mères d’un âge moyen de 37 ans ont participé à l’étude. La distance séparant la résidence des sujets et la ligne la plus proche était mesurée sur une carte. Le statut de MH a été évalué par l’Enquête de Santé SF-36, dont le résultat est exprimé sur une échelle de 0 à 100. Un individu avec un score de 52 points ou moins était considéré comme ayant une mauvaise MH. Des modèles de régression logistique ont été utilisés pour analyser l’association entre d’une part la distance séparant la résidence des sujets et la ligne la plus proche et, d’autre part la santé mentale. La prévalence de mauvaise MH était de 15%. Parmi les 223 sujets, 10 vivaient à moins de 100 m. d’une ligne. Les odds ratios ajustés (OR) pour les mères ayant une mauvaise MH parmi celles habitant entre 101 et 300 m ou à moins de 100 m des LHT étaient respectivement de 1,29 (intervalle de confiance à 95% (IC): 0,35-10,13) et 1,87 (95% IC 0,35-10,13) par rapport à la catégorie de référence (+ de 300 m). Le statut de MH n’était pas significativement associé à la distance séparant la résidence des sujets et la LHT la plus proche. ![]()